Vie et mort des arbres du jeu de paume

Publié le par Jack GONET

Longtemps appelée place des ormes par la population, alors qu’elle était arborée de magnifiques tilleuls, dont une grande allée centrale, la place fut le théâtre de nombreuses activités et manifestations. Le marché s’y tenait, pendant les célèbres et très prisées fêtes de Pâques, les forains y installaient manèges et baraques, certaines années les ballons de Pâques y prenaient leur envol, et puis pendant les évènements de 1909 de nombreux meetings s’y tenaient.

L’allée centrale gênait pour certains cirques et fut condamnée par le projet d’édification d’un kiosque à musique, les sociétés musicales étaient nombreuses à Méru et dans le canton. L’abattage d’une partie de l’allée fut décidée à la suite d’un décret loi, si l’on peut dire, une partie des élus se réunirent dans un estaminet et prirent la décision qui fut contestée notamment dans le journal de Méru qui cria au massacre. La chose était faite et le kiosque à musique fut construit en 1924 et inauguré en août de la même année au cours d’une manifestation musicale grandiose. Certains entrepreneurs méruviens avaient contribués gracieusement à son édification : Marquant pour la maçonnerie, A. Bernard pour la charpente, Villoteau, pour la couverture, le peintre Veyssière et la société électrique.

Toutes les sociétés musicales de Méru et de la région vinrent s’y produire, puis la télévision et la vie nouvelle ont contribué à la désaffection du pavillon. Pour lui on a enlevé quelques tilleuls puis on a massacré l’allée centrale. Léon Collier écrivait dans le journal de Méru « Et l’on continuera sans doute en pensant peut-être qu’un jour, M. Brébant proposa la plantation d’une deuxième rangée circulaire d’arbres, autour de cette place qui vit jadis des jeux de paume, des ormes, un vivier, un moulin, la fête du champ de mars, des revues de pompiers, la closerie des lilas, le beuglant de madame Delacourt…Une aussi belle page d’histoire locale ne peut laisser que des regrets chez ceux qui l’ont vécu ou en ont entendu parler. »

Et puis en 1960 pour faire place nette au cirque Franky, le maire de l’époque Maurice Cesar, accepta l’arrachage des arbres de l’allée centrale et la pulvérisation du kiosque.. Toujours du même L.Collier : « On pourra même organiser un parc pour autos » Pour « requalifier » la place, on arracha le reste des tilleuls, on a prétendu qu’ils étaient malades, alors que la durée de vie de ces arbres est de mille ans, et on a crée un parking pour automobiles et arboré la place avec des essences qui ne donneront jamais autant d’ombre que des tilleuls, et qui pour certains, les bouleaux, sont allergènes. Avec une circulation fléchée par pléthore de panneaux

Il y a tant et tant d’automobiles qui stationnent le long des trottoirs qu’il faut bien leur trouver une place, plus ou moins sécurisée, qui fut vite saturée.


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