Souvenirs de jeunesse

Publié le par Jack GONET

la quincaillerie de mon grand-père
la quincaillerie de mon grand-père

En marchant dans notre bonne ville, quasi déserte maintenant, mes pas me mènent rue Roger Salengro, longtemps dénommée par les autochtones rue d’Andeville de son ancien nom avant le front populaire, je me retrouvais dans le quartier ou j’ai fais mes premiers pas, mon grand- père y était établi quincaillier, je suis né dans un petit logement au- dessus de sa boutique. Les noms des commerçants du quartier revenaient à ma mémoire, le café épicerie Dumont juste au coin de la rue Charles Boudeville, il y avait beaucoup de débits de boisson dans le quartier comme dans tout Méru, les usines de boutonniers étaient nombreuses et le travail de la nacre et autres matières faisait beaucoup de poussière, ce qui donnait soif. Un peu plus haut sur la gauche le café Hattin, puis encore plus haut le café de la piscine le plus proche de l’industrie méruvienne. La rue Charles Boudeville menait vers la place de la mairie, entourée de cafés, d’abord l’Excelsior, plus ou moins maison de plaisir, en face du café de Bordeaux. Revenons sur nos pas, ce quartier était très riche en petits commerces, un cordonnier, Pierre Moustard, auvergnat et fier de l’être, un coiffeur, un marchand de primeurs le père Michel, « Au petit mandataire », un marocain plutôt fort en gueule qu vantait haut et fort sa marchandise dont l’enseigne se devine encore sur le mur de briques, un couvreur M. Villoteau, un tonnelier M. Devarenne, un vague cousin, une marchande de fleurs et couronnes funéraires, Mme Jaggi.

Peu de circulation automobile, des attelages, peu nombreux de livraison, dont le cheval savait s’arrêter devant les commerces et aussi devant les débits de boisson. Tout jeune j’avais le droit pour aller à l’épicerie chercher, mon verre vide à la main deux cuillères de moutarde, ou toujours la bouteille vide à la main un litre d’huile ou de vinaigre ou de vin rouge, pas de gâchis de verres, d’ailleurs les déchet ménagers étaient ramassés avec un tombereau tiré aussi par un cheval, on appelait le préposé « mimile couillard ! ».

Très proche de ce quartier, une rue, La rue pasteur, qui est maintenant un parking, bien arboré et gentiment fleuri avec des prunus qui égayent le rue, les anciens appelaient cette voie, rue de l’abreuvoir : à une époque ancienne, le rû de Méru était à découvert et le bétail des fermes méruviennes venaient s’y abreuver. A l’époque à laquelle je vous raconte mes souvenirs, on l’appelait rue des pouilleux, cette mauvaise réputation venait du fait que deux grands immeubles de briques, dont l’un existe encore abritaient de nombreuses familles, plutôt désargentées dont les enfants nombreux étaient mal habillés et très sales ces logements comme bien d’autres dans Méru étaient dépourvus de sanitaires, salles d’eau, des dortoirs bon marché.

C’était un peu un gettho, l’accès en était réduit côté rue Salengro, une grande bâtisse qui avait du abrité un pensionnat, la maison Bouteille, barrait l’accès, il restait une ruelle étroite, côté rue T. Gerard une autre rue très étroite passait sur le rû et permettait un accès facile pour les malades qui venaient recevoir des soins dans une sorte de couvent qui abritait une congrégation des petites sœurs des pauvres, qui étaient toutes infirmières et soignaient les malades. Accompagnant mon grand père, au bistrot d’en face, qui offrait un « canon » à un livreur, j’entendis des consommateurs qui parlaient justement de la rue Pasteur, l’un d’eux disait avoir entendu une femme d’un certain âge appeler une copine « tu montes boire une chopine », laquelle répondit « trop court une chopine, pour deux, faut un litre » ce qui fit rire la clientèle, ce quartier comme d’autres dans Méru était comme un petit village, tout le monde se connaissait, certains se haïssaient pour des histoires de voisinage, on était bien. Un personnage était le clown du quartier un garçon handicapé né avec une malformation des jambes, on disait qu’il était né sans jambes et qu’on lui avait greffé des os de mouton !!!, il se maria et eut des enfants ,biens portant le jour du mariage fut une grande fête dans le quartier, haut de forme pour le marié et musique de rue, on l’appelait « le prince Nana » Les gosses pouvaient jouer dans la rue sans crainte de la circulation, jusqu’au jour ou l’on appris que la France avait déclaré la guerre à l’Allemagne, alors les langues allaient bon train ! puis un beau matin du mois de mai 1940, plusieurs explosions firent trembler les vitres, je me mis à pleurer tellement j’avais peur, un train de munitions de l’armée française stationné en gare était bombardé par l’aviation allemande la gare et de nombreuses maisons furent endommagées voire détruites .

C’était la fin des jours heureux du quartier, mes parents m’expatrièrent à Vincennes chez une tante, tandis que eux et mon grand père partaient en Bretagne avec le boulanger E Coquillon, c’était l’exode. A notre retour après cette évacuation inutile, Méru était changé, les troupe allemandes étaient cantonnées dans la ville, ils avaient réquisitionné les écoles et les habitations de luxe désertées, les officiers supérieurs logeaient chez l’habitant dans les maisons de haut standing. Nous avons aussi déménagé, mon père avait trouvé, un logement plus vaste de gardien à l’usine Monpain. ( Les machines automatiques)

;e lavoir, la rue Pasteur,le mariage du prince Nana, le tonnelier la fleuriste
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;e lavoir, la rue Pasteur,le mariage du prince Nana, le tonnelier la fleuriste

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Commenter cet article

Jaffrenou 23/05/2015 18:11

Passionnant ce parcours méruvien... souvenirs souvenirs AAEM et la visite à Patinette qui venait d'acquérir un Rolleiflex le top du top de l'époque.
meilleurs souvenirs.
J.M. Jaffrenou

frain 22/04/2015 16:35

j ai 63 ans et je suis né rue pasteur dans un des grands immeubles qui a été démolie maintenant
merci pour ces commentaires

Viville 22/11/2015 21:27

Quel bon souvenir de parcourir vos écrits Mr Jaffrenou j'ai souvenir était pharmacien a Méru et bien sur la Famille Frain habitant la rue pasteur j'ai été du reste a l'école avec Maryline J'ai quitté Méru Merci Mr Gonet de nous remettre ses bons souvenirs J'étais gamin et ce sont des souvenirs d'enfance que vous faite resurgir Merci