LES ENFANTS DE MERU AU FRONT DE 14 18

Publié le par Jack GONET

le Lt Rouquet au cours d'essais TSF-P.Rouquet serrant la main de E.V.Veditz -Sergent fourrier P Rouquet
le Lt Rouquet au cours d'essais TSF-P.Rouquet serrant la main de E.V.Veditz -Sergent fourrier P Rouquet
le Lt Rouquet au cours d'essais TSF-P.Rouquet serrant la main de E.V.Veditz -Sergent fourrier P Rouquet

le Lt Rouquet au cours d'essais TSF-P.Rouquet serrant la main de E.V.Veditz -Sergent fourrier P Rouquet

Lors de la mobilisation générale en 1914, bon nombre de jeunes méruviens furent envoyés en premières lignes et ainsi exposés furent tués « pour la France »

Mal vus par l’état major : en 1909 le mécontentement des boutonniers donna lieu à un mouvement de grève qu’on appela pudiquement les troubles de Méru, soutenu par la CGT de l’époque, un anarchisante, le général Joffre vint avec ses hussards tenter d’étouffer le mouvement sans succès. Méru fut baptisée « Méru la rouge, parmi ces jeunes recrues un méruvien qui fut le rescapé miraculé :

Pierre Rouquet ! Tous les anciens méruviens se souviennent de ce personnage emblématique, que ce soit par son métier de « métreur vérificateur » de sa longue collaboration comme sergent fourrier à la compagnie des sapeurs pompiers de Méru, de son dévouement au sein de la section locale de la croix rouge. Pour les plus anciens, comme responsable de la « défense passive » en 1939-1940. Et puis pour ceux, qui comme moi, qui s’intéressent à l’histoire locale, c’était la « mémoire de Méru », il avait réponse à toutes les questions, il m’a beaucoup aidé lors de la rédaction de « Marie la Rouge » chronique de la vie méruviénne pendant les grèves de 1909.

Né à Méru le 3 septembre 1896, il fut initié aux métiers du bâtiment par son grand père qui était entrepreneur de maçonnerie, ce qui devait le déterminer dans son futur métier. En 1914 arrive la grande guerre, Il est mobilisé, et devient spécialiste de la communication, téléphoniste, d’abord puis ensuite avec l’arrivée de la « T.S.F. » il est radio télégraphiste. Peu de temps avant son décès il « décodait » encore habilement les messages en télégraphie et manipulait chez un ami radio amateur

En 1915 à 19 ans Pierre Rouquet, est affecté au 151e régiment d’infanterie de Quimper, puis est muté comme voltigeur à la 6e Compagnie dirigée par le capitaine Olivier. Il subit le baptême du feu sur la ligne du Mort-Homme à Verdun il découvre là, avec ses compagnons de régiment, l’horreur de la guerre à outrance, il voit les hommes tomber sous la mitraille incessante de l’ennemi, l’artillerie allemande ne cessant d’arroser la ligne de ses tirs continus.

De nombreux cratères se forment sous l’impact des obus, les fantassins dont les tranchées ont été détruites, tentent de se mettre à l’abri dans ces trous. Beaucoup meurent enterrés, lui-même, avec neuf de ses camarades de combat est enseveli, suite aux volées d’obus de 210 qui déplacent des tonnes de terre. A moitié mort, il est sorti de son « tombeau » par les survivants, il restera prostré, choqué pendant quatre jours. Blessé plusieurs fois, il sera encore et encore en première ligne, gazé lors des combats du bois de Chaumes à Verdun en 1917. Il fera la bataille de la Somme dans des conditions épouvantables.

A la signature de l’Armistice le « soldat » Rouquet, de retour chez les siens n’est plus le même, beaucoup de ses camarades sont restés là bas, sur le front, ce qu’il à connu l’a mûri d’un coup. La guerre lui à appris une chose : il faut toujours rechercher ce qui est gai dans ce qui est triste.

Il reprendra ses activités de mètreur-vérificateur dans les régions qui ont souffert de cette guerre, Il s’installera à Villers Bretonneux dans la Somme jusqu’en 1926. Puis reviendra dans sa ville natale en 1928, d’abord au 18, rue Nationale, puis au 42 de la même rue, puis il continuera son activité jusqu'à sa retraite au 16, Avenue Victor Hugo.

Pendant tout ce temps il sera un bénévole donnant son temps dans de nombreuses associations locales : Caisse d’épargne, Croix rouge, Ligue contre le cancer, Anciens combattants, Sapeurs pompiers. Les anciens se souviennent de ses déplacements avec sa vieille motocyclette à courroie, puis à cyclomoteur enfin à bicyclette, pour son travail mais aussi et surtout pour porter aide à ceux qui en avaient besoin

En 1984, il se retrouve veuf et organise sa vie autrement, il avait souvent la visite de son fils, qu’il a eu la douleur de perdre en 1994. Ses repas à la résidence Beauséjour étaient ponctués de bonnes blagues qui faisaient le bonheur de ses voisins de table.

Après avoir participé à de nombreuses émissions de la radio nationale ( France culture) et de télévision (FR3), au titre d’un des derniers survivants de Verdun, Il a aussi fait resurgir une vieille rengaine du passé de Méru au temps des boutonniers : « La méruvienne », il retrouve les paroles et la musique, il en enregistre lui-même une cassette qu’il diffuse à tous ses amis.

Son vœu le plus cher était de souffler ses cents bougies, il est parti rejoindre ses camarades de la grande guerre peu de temps avant de fêter ses cents ans de bons et loyaux services envers la société

Jack Gonet

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