Aventures et mesaventures des ballons de Pâques

Publié le par Jack GONET

Depuis le début du siècle dernier, la principale attraction des fêtes de Pâques à Méru fut avec la cavalcade du lundi, l’envol d’un ballon . D’abord gonflé avec la gaz de houille produit à Méru par la petite usine près des cent marches, celui ci sera remplacé par de l’hydrogène gaz cher et explosif, le nouveau gaz naturel étant plus lourd que l’air. On verra dans cette petite histoire que les ballons de Pâques que les départs et les atterrissages ne furent pas de tout repos. Les lieux d’envol furent la place des Ormes (place du jeu de paume) maintenant parking, puis place de l’église, cour de la gare enfin prés du gymnase Charles de Gaule.

En 1905, sur la place du jeu de paume, le départ du ballon fut palpitant. Un troisième passager s’accrocha à la nacelle et paru enlevé contre son gré. Il n’en était rien, il était coutumier du fait. Habilement il se hissa dans la nacelle et joignit ses salutations à celles de ses camarades ; l’atterrissage se fit à Luzarches.

C’est a Fays , route d’Hénonville à cinq kilomètres de son point de départ que se posa en 1906 le ballon de Pâques : il avait plané par suite de l’absence de vent.

Pas de ballon en 1907, seulement un lâcher de ballonnets sur la ^place du jeu de paume, la compagnie du gaz prétendit ne pouvoir assurer la fabrication nécessaire, mais on crut plutôt qu’elle n’avait pas confiance en la qualité de l’aérostat que l’on se proposait de faire partir. On disait que plusieurs ballons ne s’était pas envolés parce que leurs enveloppe usagée ou trouée ne retenait pas suffisamment de gaz.

En 1908, le vent soufflait en tourbillon et après une traversée de trente minutes , le ballon atterrit à Jouy le moulin, en Seine-et-Oise. Après avoir atteint l’altitude de 3.800 mètres il avait rencontré un nuage de neige qui l’entoura d’une couche d’environ un centimètre et ne formait plus blanche. L abière gela dans les canettes. Materiel, nacelle,enveloppe et cordages qui pesait soixante cinq kilos au départ de Paris, furent enregistrés à cent dix kilos à la gare de Pontoise.

Pas de fêtes, donc pas de ballon en 1909 à la suite de la grève des boutonniers.

Le gonflage du ballon, en 1910, avait commencé à 11 h. Les six cents mètre cubes emportèrent les trois passagers dont un jeune et sympathique méruvien, Marcel Faye. Après une traversée d’une heure ,l’aérostat qui mont jusqu’à deux mille mètres descendit à Nesle la vallée à douze kilomètres de Méru. L’auto de M. Longuet, négociant en grains, ramènera les passagers à Méru.

En 1911 c’est un monoplan Blériot 11, en partie confectionné en toile et en bois, doté d’un moteur de soixante chevaux, qui devait s’é. Mais l’aviateur s’élever sur la route de Pontoise, imparfaitement remonté et manquant de piste d’envol, l’avion ne put quitter terre qu’après douze essais , amis l’aviateur Daucourt, consciencieux et courageux, acheva dans la semaine, la mise au point de l’appareil et, le dimanche suivant, pour le premier rebond de la fête, à 18 h 15 ; le vent s’étant apaisé, le Blériot vola entre deux cents cinquante et quatre cenys mètre et se posa à proximité de Lormaison, repartit pour survoler Agnicourt et filer sur Hénonville. L’aviateur toucha 1.000 F.

Le ballon de 1912 cubait cinq cents mètres cubes et fut gonflé en trois heures. Un coup de vent malheureux jeta l’aérostat sur les arbre de l’allée nouvellement taillés. Crevaison, dégonflement en trois secondes. Réparation évaluée à 220 F.

C’est la troisième fois qu’un ballon ne partait pas de Méru, mais la cause était incontestablement accidentelle. Et ce fut l’occasion d’un d’un rebond de la fête. Trois semaines plus tard le même aéronaute, avec un ballon de cinq cents cinquante mètres cubes, voulut donner satisfaction aux Méruviens. Il emmena le fils Delahaye, dont le père organisa tant de fêtes,

L’aérostat qui emmenant trois personnes décapita une cheminée de la boulangerie voisine, rompit les fils électriques provoqua la chute de deux briques sur l’un des occupants dans la nacelle, accrocha une deuxième cheminée. Le seul sac de lest embarqué fut largué et l’allègement fit monter le sphérique à quatre cents mètres, puis à sept cents, atterrissage brusque à Fontaine le Fleury, à six kilomètres de Versailles et à cinquante kilomètres de Méru à vol d’oiseau. Parti à 16 h 15 il toucha terre à 17 h 30. après avoir rebondi une première fois, le méruvien, commotionné, dut s’aliter quelque peu.

Commencé un peu avant midi le « ville de Méru » 1913 s’envolait vers 15 h 45, il cubait cinq cents mètres cubes et emportait comme passager le gendre d’un industriel de Fosseuse. Atterrissage à 17 h 30 à Précy sur Oise ?

« L’étoile du berger », en 1914 cubait cinq cents vingt mètres cubes et partit à 14h 50 en emmenant trois personnes. Il survolait la région nord, Beauvais à mille mètres d’altitude, et après une traversée lente, atterrissait à saint Paul, près de Beauvais.

En 1922, la fête aérostatique comme les suivantes fut agrémentée par la présence d’une reine locale. Un « Zodiac » de six cents mètres cubes, neuf, prit le départ et conserva le nom de sa marraine, Fernande, élue des jeunes filles. Gonflé à bloc, baptisé » avec de vraies dragées, retardé dans son envol par suite de la violence du vent, le ballon ne partit qu’a 18 h, jetant encore des dragées. Il appartenait à une société parisienne dont douze membres l’entouraient sur le jeu de paume. Deux passagers à bord, survol de Pontoise et atterrissage à proximité de Rambouillet. Voyage assez mouvementé, tourmente de neige à trois cents mètres, qui à vive allure colla les passagers à terre, sans heureusement les blesser.

Le ballon de 1923gonflé a peu près complètement, à 15 h une déchirure se produisit au sommet à proximité d’une couture, sur uns longueur de un mètre. En dix minutes l’enveloppe était à plat. Une fois encore la fête eut un rebond. Huit jours plus tard, l’aéronaute, M. Ballast, qui en était à sa quatre-vingt-neuvième ascension voulut revenir avec un ballon neuf, mais son favori de quatre cents mètres cubes étant réparé, c’est avec lui qu’il repartit à 15 h 30, emportant les bons souhaits de la de l’année, qu’il embrassa. Il s’envola vers Villeneuve les sablons, qu’il aperçut de mille deux cents mètres passa sur Tourly à huit cents mètres et après un voyage de cinquante minutes, atterrit à Liancourt-Saint-Pierre, d’où fut ramené par MM. Pinguet et Bezançon, qui l’avait suivi en auto.

Le Zodiac « Fernande », qui avait conservé son nom et prit part, dans l’intervalle et avec succès à de nouvelles compétitions, était de nouveau à Méru en 1924, avec huit cents mètres cubes. Sa marraine et ex reine et la reine de l’année assistaient au départ. L’enveloppe se fit une petite déchirure au cours de ses révérences prononcées, mais le ballon prit la direction de l’Isle-Adam et atterrit dans de bonnes conditions à Deuil, à trente deux kilomètres de Méru et à une dizaine de Paris-nord.

« Jaune d’or » sous le soleil méruvien de 1925, cubait neuf cents mètres cubes, appareillait au milieu d’une splendide immobilité et, lentement, majestueusement, s’élevait à 15 h 25, aux accents de la traditionnelle « Marseillaise », fila sur Andeville, Creil et atterrissait comme sur du velours après un voyage de soixante douze kilomètres, à Montigny, à 19 h 15.

En 1927, « Le Bouton d’or» revient. Gonflement dès 8 heures du matin. Le gaz surchauffé par le soleil, avait paraît-il toute force ascensionnelle. Un jeune passager, qui devait accompagner, dut rester à terre, A 16 h 35, par temps splendide, en présence de sa marraine, reine de l’année précédente, et de la reine de 1925, le « bouton d’or »s’élevait en chandelle jusqu'à cinq cents mètres piquait sur Amblainville, mais au -dessus des bois le gaz se condensa et provoqua une descente rapide du ballon. Descente qu’arrêta le jet de cinquante kilos de lest, remontée à mille cinq cents mètres, passage en vue de Berville, le Ruel à mille mètres, atterrissage en douceur à Neuilly en Vexin à onze kilomètres de Méru. Pour récompenser qui avaient aidé à l’atterrissage du ballon, le pilote fit monter les plus hardis dans le ballon qu’il rendit captif.

A suivre Jack GONET

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