Un enfant de Méru en Egypte pour combattre une terrible épidémie

Publié le par Jack GONET

     Arsène François Bulard est né à Méru en 1805. Ses parents, humbles artisans, n’ayant pour vivre que le produit d’une modeste tannerie, lui firent donner une bonne instruction primaire par  des personnes intelligentes qui avaient reconnu dans le jeune écolier de bonnes dispositions. Il reçu quelques de notions de physique, de chimie et de latin, puis il entra comme élève pharmacien dans l’officine de Mr Graux, puis comme interne dans les hôpitaux de Paris.
   En 1832, Méhémet Ali, le rénovateur de l’Egypte, fonde une école de médecine au Caire. Arsène Bulard fut désigné par Mathieu Orfila, le doyen de la faculté de médecine de Paris pour remplir une chaire de cette nouvelle école. Le choix était bon et répondait au désir du jeune homme qui s’éloigna de la France avec plaisir, sachant qu’il allait  retrouver, sur la terre des Pharaons, un ami de sa famille, un méruvien, le savant Jean-françois Mimaut, Consul général de France en Egypte.
   Arrivé à son poste il prit à cœur sa tâche de professeur et s’y adonna tout entier. Les idées qu’il émit à cette époque sur les maladies contagieuses le firent choisir par les gouvernements français pour observer et étudier les effets de la peste dans les diverses provinces de l’empire Ottoman.
              De 1832 à 1836 il fut toujours en mission, cherchant, étudiant, soulageant. Il n’abandonne le lazaret d’Alexandrie , son premier champ de bataille et de recherche, que pour courir au Caire se joindre à messieurs Clot et Lachèze pour prendre une part une part active à leurs savants travaux sur le choléra.
   En 1837, sur l’ordre du ministre, il quitte l’Egypte, va à Smyrne ou le fléau destructeur n’épargne personne et séme le deuil dans chaque maison, dans chaque famille.
   La désolation est partout, le découragement gagne jusqu’aux intrépides médecins, dont beaucoup succombèrent, victimes de leur héroïque dévouement. Bulard arrive, encourage ceux qui restent et remonte le moral aux plus faibles.
  Bulard, qui a entendu parler de la détresse d’Istanbul, accourt et s’enferme avec les pestiférés dans la tour de Léandre . Un spectacle affligeant s’offre à ses yeux : « Qu’on se figure, dit l’enfant de Méru dans son livre sur la peste, des compresses et des bandes qui n’avaient pas été renouvelées depuis quinze jours, d’autant plus serrées qu’elle avaient moins besoin de l’être et sous lesquelles flottaient des collections purulentes qui fusaient sur plusieurs couches de ligaments ».
Après des mois de soins  et de recherche Arsène Bulard revient en France, riche d’expériences qu’il a tenté sur lui même en s’inoculant le virus, avec le but d’étudier les effets de la maladie, c’est ainsi qu’il remarqua qu’il se trouvait immunisé , l’idée de la vaccine était né.
  Malheureusement la mort vint arrêter  ses travaux, il succomba le 2 mars 1843. Son corps,  fut embaumé selon ses dernières volontés, il repose dans le cimetière de Méru sa ville natale.

                              Jack Gonet
                              D’après Pierre Bisset (Méru au fil des ans)             

Arsène BULARD

Arsène BULARD

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