PIERRE BISSET

Publié le par Jack GONET

RENCONTRE DE JEAN NOHAIN AVEC PIERRE BISSET ETJACK GONET AU MANOIR DE FRAMICOURT

RENCONTRE DE JEAN NOHAIN AVEC PIERRE BISSET ETJACK GONET AU MANOIR DE FRAMICOURT

 

 

 

                                                                                                                                                    

 

   Certaines« grandes pointures » de notre histoire locale ont fait les beaux jours des chroniqueurs, voire d’historiens. Mais d’autres personnages qui ont compté dans la vie locale, ont été oubliés, parce qu ’ ils étaient modestes et discrets, ils n’ont pas été l’objet de biographies largement médiatisées ou même de simples rappels de leur carrière dans la presse, je me propose, dans une série de portraits, de vous faire découvrir ces oubliés de l’histoire méruvienne 

   Ce n’est pas à vrai dire un « oublié » des médias, mais il a fallu attendre très longtemps pour qu’une modeste rue soit baptisée de son nom, alors qu’il peut être considéré par ses recherches comme le véritable historien de notre ville.

Né en 1925, de parents boutonniers, Pierre Bisset, après avoir fréquenté l’école communale dirigée par le bon Monsieur Carteret ,lequel avait remarqué sa vivacité d’esprit, est admis au cours complémentaire au moment ou débute la drôle de guerre. Les cours de dessin y sont assurés par le peintre Anatole Devarenne qui venait tous les jours d’Andeville à bicyclette pour enseigner son art. Il remarqua le joli coup de crayon du jeune Pierre, une amitié certaine se développa entre eux et nul doute que l’artiste communiqua à l’élève sa passion pour l’histoire locale.

En septembre 1941, avant même d’être âgé de seize ans, il se lance pendant ses loisirs dans un vaste travail de recherche et d’enquêtes qui sera concrétisé par la parution d’un ouvrage en 1950 » Méru au fil des ans » qui est considéré comme la bible des amateurs d’histoire locale.
En 1943,à la mort de sa mère, il vient vivre chez ses grands-parents, madame et monsieur Violette ce dernier étant garde champêtre à Méru et de bon conseil pour ce qui est de la connaissance des méruviens. A 18 ans il « passe » avec succès les épreuves du « brevet », ce qui lui ouvre les portes de la « Société générale » où il travaillera jusqu’à la libération qu’il vivra devant la porte de l’établissement .Ses recherches ne manquent pas d’intéresser les occupants: la feldgendarmerie et la police pensaient qu’il avait pu fournir des renseignements à la résistance sur les souterrains méruviens pour d’éventuelles cachettes d’armes. Cette rencontre avec les officiers allemands va lui inspirer un projet qui le rendra populaire: réaliser une chronique sur la débâcle des occupants depuis la veille du débarquement. Il va donc noter scrupuleusement, jour par jour, tous les évènements marquants et les anecdotes dont il aura connaissance, avec l’aide de son grand père, du 6 juin au 6 septembre 1944. La « Libération de Méru » paraîtra début 1945 aux Editions du Thelle grâce à la compréhension de monsieur J.B. Plet. La plaquette est illustrée par l’auteur avec des croquis pris sur le vif ou d’après des photographies qu’il a lui-même réalisées le jour de la libération. L’ouvrage eut un grand succès, parmi la population et auprès des soldats américains.

En 1945 après l’euphorie de la victoire notre jeune méruvien s’engage dans l’armée pour cinq ans, pensant pouvoir poursuivre ses études. Il se retrouve en Algérie, il réussit à se faire rapatrier en France et est muté, à sa demande à l’école militaire de radar de Pontoise, il en profite pour épouser Mauricette Marquant, une méruvienne avec qui il a passé son brevet et qui l’a remplacé à la Société Générale. Sorti de l’armée, il ne trouve aucun emploi correspondant à ses aspirations, son père le fait embaucher à l’usine Duhamel à Esches où il est cadre, ce travail dans le métier de la tabletterie ne l’intéresse pas.

Presque par hasard, on lui propose une place au ministère de l’aviation civile à Paris, section de la navigation aérienne, son épouse l’encourage à solliciter cet emploi, mais un obstacle se présente: le bac est exigé, opiniâtre, le boutonnier occasionnel se met à l’ouvrage et en 1948 il réussit brillamment un bac moderne philo. Avec cet emploi il peut continuer, en travailleur infatigable, de peaufiner son ouvrage de recherche: « Méru au fil des ans » un bel ouvrage de près de 600 pages qu’il dédit à Anatole Devarenne. Sa vie professionnelle va s’orienter vers la grosse industrie électronique, il va réussir de nombreux concours dans l’administration, il participera à l’installation du premier radar d’Orly en 1953, puis au sein du groupe Thomson il va devenir un cadre important aux grandes responsabilités dont il ne se vantait jamais. Il en profite pour apprendre avec une étonnante facilité plusieurs langues étrangères qu’il pratique dans ses fonctions

Son goût pour le dessin, encouragé par Anatole Devarenne, lui donne l’idée d’orienter ses recherches vers l’œuvre du peintre Mary Cassat, une américaine qui à vécu au Mesnil Théribus, au château de Beaufresnes et qui à beaucoup utilisé comme modèle sa cousine Renée. Il recueille les souvenirs de celle-ci et du fils du jardinier de miss Cassat. Travaillant auprès de l’UNESCO, à la bibliothèque des arts décoratifs, aux archives de l’hôtel des ventes et de l’hôtel Drouot, il collecte avec l’aide de son épouse, sa dévouée collaboratrice, une somme énorme de renseignements et peut dresser un catalogue presque complet des oeuvres de l’artiste.

Un soir le célébre animateur de radio, Jean Nohain tombe en panne de voiture à Méru, pendant que celle-ci était en réparation au garage Dubois, l’homme de radio se restaure à l’auberge des Touristes. Mon père appelé par le tenancier, vient faire une photo pour la postérité et parle de notre ville à Jean Nohain, qui s’intéresse aux boutonniers et à l’abbé Mulot, le prêtre républicain de Méru. Voila une occasion pour Pierre Bisset de se rencontrer avec l’animateur qui écrit une pièce de théâtre au manoir de Framicourt. Rendez vous est pris et au cours de la conversation on vient à parler de Mary Cassat et du travail de recherche de Pierre Bisset. Un critique d’art ami de Jean Nohain rencontre l’auteur mais la publication d’un ouvrage comportant trop de reproductions s’avère impossible.

Prévenu on ne sait comment, le conservateur du musée de Washington, propose par téléphone en pleine nuit d’acheter le travail de Pierre Bisset qu’il considère comme le meilleur expert de Mary Cassatt en France. Le biographe se donne quelques jours de réflexion puis envoie tout le manuscrit aux U.S.A., sans même faire de copies. Quelques mois plus tard, en guise de paiement, il reçoit deux magnifiques volumes de l’encyclopédie, sur laquelle figure en bonne place le nom de notre concitoyen comme co-auteur.

Malgré des occupations professionnelles très contraignantes, notre chercheur infatigable va tour à tour se pencher sur la guerre de 1870 dans l’Oise parce que le propriétaire du journal de Méru de l’époque eût des démêlés sérieux avec l’occupant, ce travail ne sera pas publié mais plusieurs conférences seront données dans le département. La grève des boutonniers de 1909 fût aussi l’objet de ses recherches à la bibliothèque des affaires sociales, journaux, rapports, documents de toutes sortes furent consultés, une conférence fût donnée sur ce thème en 1973 dans les locaux de la M.J.C. (ex A.A.E.M.) un ouvrage conséquent était prévu pour l’avenir. Sa mort brutale en 1974 mis fin à cette espérance. Pierre Bisset laisse pour tous ceux qui l’ont connu, l’image d’un autodidacte très cultivé, d’une probité intellectuelle exemplaire et surtout d’une grande modestie.

    Pour ceux qui n'ont pas connu Jean Nohain,quelques précisions, Cet homme de talent fut notamment au début de sa carrière animateur d'une émission de télévision pour enfants sous nom de Jaboun, puis d'une autre très appréciée par le téléspectateurs de cette époque quand il n'y avait qu'une chaine ,en noir et blanc,"reine d'un jour" pendant plusieurs années. Il a écrit de nombreuse chansons mises en musique par Mireille. Et puis lors de la libération de Paris il était de l"équipage d"un char de la deuxième D.B.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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