Grands et petits cafés

Publié le par Jack GONET

« Il y avait au début du vingtième siècle plusieurs grands cafés, catégorie A, à Méru autour de l’hôtel de ville et rue Nationale (rue des martyrs maintenant)

Le comptoir était secondaire ou absent dans ces établissements, mais il y avait au moins un billard, par intermittence une belle caissière aux heures d’affluence, les vendredi, samedi, dimanche et jours de fêtes. , Les consommateurs venaient au café, non pour boire, mais pour se rencontrer, mais pour traiter affaires avec les commis voyageurs qu’ils amenaient pour faire une partie de billard ou regarder jouer, pour gagner ou perdre une tournée à la manille ou au piquet.

Le café du commerce, inévitable dans les petites villes fut le premier à disparaître. Les agriculteurs s’y rassemblaient le vendredi. C’était la course du commerce, où se faisait le prix du blé, de l’avoine, etc. Les principaux fermiers de la région y entretenaient de bonnes relations.

Sur les petites tables de marbre figurait le porte-allumettes garni, rue nationale, on pouvait y attendre l’omnibus et le prendre si on l’avait manqué la gare.

A cette époque, les automobiles étaient inconnues, comme les vélos et le cinéma. Les bals, les concerts annuels des sociétés et les fêtes locales formaient le fond des grandes attractions collectives.

Presque tous les grands cafés ont disparus. Les plus grands ont été remplacés par des banques, puis on a vu s’ouvrir des bars, un bouillon. Il reste cependant des vétérans de la vieille époque, rue Nationale.

Mais pour étancher la soif, il ne manque pas de petits cafés avec comptoir, avec ou sans caissière, sans billard. On y entend parfois de la musique. C’est plus gai. Cependant, on ne retrouve pas l’ambiance paisible des grands cafés qu’aimèrent les petits bourgeois, retraités, artisans, en partie disparus aussi, qui, en famille taquinaient le manillon autour d’un bon café », ce qu’écrivait Léon Collier dans le journal de Méru en 1954.

Il y avait aussi plusieurs cafés près des usines de boutons où à l’heure de la sortie les boutonniers, la gorge séchée par la poussière de la nacre venaient se rafraîchir, on y servait du vin au verre, des demi-setiers, ou des chopines, voire des litres, suivant la soif des ouvriers, la goutte, un mauvais calvados, était servit plutôt le matin avant l’embauche.

N’oublions pas les salles de spectacles, la plus ancienne était la salle Pitre, disparue depuis longtemps, que l’on construisit en 1836. Elle avait une petite scène et pouvait contenir 300 spectateurs. Méru comptait 2000 habitants à cette époque. Bâtie au premier étage d’un café de la place de l’hôtel de ville on y accédait par deux escaliers en V qui tous deux conduisaient aux deux extrémités de la galerie et de la salle rectangulaire.

On y donna des fêtes de bienfaisance, notamment avec le concours d’un artiste de l’opéra originaire de Méru, au piano, madame Gey, épouse du docteur, en 1869, au cours d’une réunion on y décida la création du chemin de fer de Méru à Persan-Beaumont. Elle fut la maison du peuple de 1921 à 1924.

Cette salle fut complètement abandonnée après la construction de la salle Angonin en 1885, qui comptait 800 places assises plus une scène démontable, en 1910, naquit la salle du Lion d’or, en effet le propriétaire du vieil hôtel eut l’idée de faire construire au-dessus de son garage, une salle destinée dans sa pensée, aux noces, banquets et quelques bals espacés.

Les dimensions de la salle, ses lustres, les glaces dont on l’orna et le beau parquet lui donnèrent le charme d’un grand salon, facile à décorer de guirlandes et de cordons lumineux. L’on y donna aussi de fort belles soirées dansantes, des bals de sociétés, des concerts, du cinéma, des conférences.

La nouvelle salle conquit une clientèle nouvelle ayant un faible pour les beaux cadres intimes.

Alors le propriétaire fit ajouter un fond et sur le côté est de la salle une galerie réclamée^par les usagers et leurs interprètes, les portes- fenêtres ne permirent pas de prolonger cette galerie à l’ouest. Plus tard la galerie jugée disgracieuse fut démontée. Les habitués de cette partie de galerie démontée ont regretté la disparition de celle-ci d’où ils contemplaient les beaux couples noirs et roses, le plus souvent évoluant dans les danses d’ensemble : lanciers pas de quatre et pas des patineurs, troïkas, ravissement pour les yeux, qu’augmentait l’orchestre symphonique par des valses lentes ou accélérées. Maintenant ces salles ont été démolies pour:laisser place à la place du 14 juillet et à une pizzeria et jamais remplacées, c’était mieux avant. , un cinéma à été construit qui est à la hauteur des désirs des méruviens et qui fonctionne toute la semaine.

Toutefois en 1911, une salle fut construite, rue Voltaire, la salle du patronage St Lucien, avec scène et galerie, qui fut aménagée sans cesse jusqu’au jour ou elle fut détruite lors du bombardement de la gare en 1940. Elle fut reconstruite avec les dommages de guerre, puis achetée par la ville et devint salle du Thelle, et est toujours utilisée pour des concerts, mais il n’y a plus de bal ! Sa taille ne répond plus à l’accroissement actuel de la population.. Il existe encore des bars et des brasseries plus ou moins prospères, moins nombreux qu’avant.

Internet, face book, twister, ont conforté les gens dans leurs replis sur eux-même, moins de rencontres, de contacts réels, tout est virtuel, les échanges et conversations de comptoir ont presque disparu. C’était mieux avant !

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