La maison du peuple

Publié le par Jack GONET

Le vieux Méru disparaît, petit à petit, pour moderniser notre cité , ou ….Pour faire plaisir aux promoteurs. Des constructions trop anciennes et quelque fois vétustes vont faire place à des immeubles. C’est le cas rue Pasteur, rue au passé très riche, appelée jadis rue de l’abreuvoir, le Ru de Méru était à découvert et une plage laissait une petite mare ou le bétail venait s’abreuver car il y avait de nombreuses fermes en ville et pas d’eau courante. A l’entrée par la rue Roger Salengro une bâtisse en briques détruite pour rendre l’accès plus facile, un peu plus loin une autre bâtisse abritait un hospice où quelques personnes âgées venaient attendre d’y finir leur vie, des religieuses en assuraient le fonctionnement. Sous la municipalité (socialiste ) d’Albert Dégremont une maison du peuple qui avait aussi une entrée rue Roger Salengro fut aménagée dans ces locaux.

La rue Pasteur en 2016

La rue Pasteur en 2016

La Maison du Peuple comprenait plusieurs salles de répétition pour les sociétés de musique, nombreuses à Méru à cette époque, une petite bibliothèque et une grande cour. Pendant l’occupation allemande la vie associative perdit une bonne partie de ses activités, la municipalité installât dans cette maison du peuple un petit atelier pour les ouvriers communaux.

L’occupant avait installé à l’hôtel du centre rue Roger Salengro un « pouf », maison close, avec des volontaires. Les autorités allemandes, qui étaient très soucieuses de la santé de leurs combattants, avaient mandaté un docteur méruvien pour examiner les prostituées, qui « animaient » cette maison pour « le repos du guerrier ». La ville avait du céder pour cela une pièce dans la maison du peuple de la rue Pasteur pour ces consultations particulières.

Ici était l'entrée principale de la maison du peuple

Ici était l'entrée principale de la maison du peuple

Après la libération et la victoire de 1945, la vie associative reprend vie à Méru. Ce jour mémorable, la « Ronflante », clique de tambours et clairons est reconstituée et se produit dans les quartiers, les répétitions se font dans la maison du peuple.

Une association prend alors naissance, l’amicale des anciens élèves de Méru qui perpétue l’esprit de l’école républicaine en organisant divers activités. Une salle lui est attribuée par la municipalité César toujours dans le même établissement. Les activités de l’AAEM qui deviendra Maison des jeunes et de la culture se voit attribuer le rez-de-chaussée et devient une grande maison culturelle, jusqu’un désaccord avec le maire de l’époque qui décide de supprimer l’aide municipale à cette association et expulse les adhérents et les dirigeants manu militari

les locaux où était la MJC

les locaux où était la MJC

Et voilà quelques témoins du passé méruvien qui disparaissent : L’hôpital Albert Dégremont qui est laissé à l’abandon sans que quelque chose soit fait pour ces magnifiques locaux, puis la piscine municipale, elle aussi, construite par des chômeurs, en 1934. Enfin, la Place du Jeu de Paume, autre lieu ou tant de manifestations se sont tenues, elle sera « re-qualifiée » nous avait on dit, en fait c’était pour en faire un parking. Pour cela les tilleuls ont été abattus, des arbres qu peuvent vivre mille ans, pour les remplacer par des plantations qui ne donneront jamais d’ombre. Et prochainement notre maison du Peuple qui laissera la place à des immeubles.

La maison du peuple La maison du peuple

Curieux toutes ces réalisations de municipalités de gauche qui disparaissent ! Coïncidences ? Mais oui, bien sur, Ce ne sont que des coïncidences, pas plus.

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